Génétique des POIC

L'unité de Génétique Moléculaire est située dans l'Institut de Biologie et Pathologie (le Laboratoire de Biologie Médicale du CHU de Grenoble Alpes).

Environ 8000 maladies héréditaires rares sont actuellement recensées, affectant près 3 millions de personnes en France. Le diagnostic de ces maladies est souvent difficile, en raison de leur rareté, mais également car l’exploration de leur cause génétique est complexe. L’unité prend en charge le séquençage de gènes associés à certaines de ces maladies héréditaires pour mettre en évidence les mutations responsables de ces pathologies. En étroite collaboration avec les services de génétique clinique, ainsi que les services cliniques de l’hôpital et des autres CHU de France, l’unité reçoit pour analyse des prélèvements sanguins, ou des biopsies, pour séquençage d’ADN ou d’ARN de gènes, ou groupes de gènes, dont elle est référente soit au niveau local , soit au niveau national. Un agrément spécifique de l’Agence de Biomédecine autorise le laboratoire à étudier les caractéristiques génétiques des individus, ainsi qu’à réaliser le dépistage prénatal de mutations familiales. L’unité est affiliée à plusieurs Centres Régionaux ou Nationaux de Référence des maladies rares, et fait parties de Filières Nationales de Santé pour les maladies rares, en lien avec ses domaines de compétence biologique pour les pathologies suivantes : Myopathies congénitales , Hyperthermie maligne ou d’effort, Arthrogryposes distales, Arythmies cardiaques, Angioedèmes héréditaires, Cytopathies mitochondriales, Syndrome oculocerebrorenal de Lowe, Mucoviscidose, Maladie de Huntington et les pseudo-obstructions intestinales chroniques (POIC). Au sein de l’Institut de Biologie et Pathologie, les biologistes et personnels de l’unité jouent un rôle central dans le développement, la mise en place et la maintenance des outils de biologie moléculaire, notamment des techniques de séquençage Haut débit, qui permettent l’analyse simultanée d’un grand nombre de gènes.

L'unité est spécialisée depuis de nombreuses années dans la génétique des maladies musculaires.

Moi, Dr John Rendu, suis responsable du diagnostic moléculaire des maladies musculaires du muscle squelettique permettant le déplacement et la respiration, ainsi que les maladies du muscle lisse intestinal permettant la digestion :les Pseudo Obstruction Intestinales Chroniques (POIC).

Depuis 2016 le laboratoire réalise les études génétiques pour identifier les causes des POIC. Un gène majeur est testé, à ce jour en première intention, le gène ACTG2 . Il code pour une actine du muscle lisse intestinal qui permet la motilité intestinale. Plus de 100 familles ont été testé à ce jour, le gène ACTG2 est retrouvé avec une mutation dans plus de 30% des cas. Pour les 70 % restants, quelques gènes ont été impliqués mais n‘ ont pas une fréquence importante: une grande proportion des causes génétiques n’a pas été mise en évidence. C’est pourquoi le laboratoire propose des études pangénomiques pour les identifier.

 

Dr John RENDU

MCU-PH

Unité Médicale de Génétique Moléculaire :

SB2TE (Service de Biochimie, Biologie Moléculaire et Toxicologie Environnementale)

Institut de Biologie et Pathologie 

 

Lien Catalogue EBM CHU de Grenoble

http://biologie.chu-grenoble.fr/

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Univ. Grenoble Alpes, Inserm, U1216, CHU Grenoble Alpes, Grenoble Institut Neurosciences, 38000 Grenoble, France

 

 

 

Recherche Translationnelle sur le Syndrome POIC en FRANCE

La recherche sur le syndrome POIC a été marquée au cours des 10 dernières années par la publication de nombreux travaux réalisés par plusieurs équipes internationales de généticiens, chercheurs et de médecins démontrant que ce syndrome n’est plus considéré comme un syndrome par défaut.

Le premier contact entre l’Association des POIC et notre équipe INSERM s’est réalisé en septembre 2006. Il y a maintenant près de 15 ans, j’avais contacté l’Association des POIC à travers Cécile GUEUDIN et Mireille RAMOS pour proposer d’« aborder la POIC afin identifier dans un premier temps des marqueurs diagnostiques et si cela est possible des marqueurs génétiques ». Depuis cette première réunion en présence du Pr. Jean-Pierre HUGOT, mon équipe INSERM de Montpellier a continué à travailler sur le muscle lisse digestif et s’est intéressé au syndrome POIC comme initialement proposé. Ce travail a été rendu possible par le soutien constant de l’Association via les présidentes successives (C. GUEUDIN et L. LANÇON) aussi bien financier à travers l’octroi d’une bourse de recherche, qu’humain avec la mise en relation de notre équipe avec les médecins (Dr Marc BELLAICHE, FIMATHO) et des patients POIC. Ainsi une dizaine de publications scientifiques émergeant de notre équipe ont été ainsi publiées dans lesquelles le support apporté par l’Association des POIC est mentionné (Notarnicola et al, Gastroenterology, 2012 ; Chetaille et al, Nature Genetics, 2014 ; Faure et al, Development, 2014 ; McKey et al, BMC Biol, 2016 ; Martire et al, J. Cell Mol Med, 2021).

Au cours de ces dernières années, notre équipe INSERM que je co-dirige avec Sandrine FAURE a été rejoint par plusieurs collègues et notre objectif est actuellement de caractériser les dysfonctions du muscle lisse digestif observés chez les patients POIC afin de pouvoir diagnostiquer rapidement les patients POIC mais aussi de travailler sur la restauration de la fonctionnalité de ce muscle.  

Plus de détail des travaux de l’équipe INSERM sur le site suivant :

https://phymedexp.edu.umontpellier.fr/digestif-developpement-et-pathologies/

 

 

 

 @santa_pascal