Appelez-la Docteur!

Le 25 septembre dernier, en présence de sa famille de Sandrine Faure, sa maître de thèse, de Pascal De Santa Barbara et de l'ensemble de ses pairs du l'équipe 4 de PhyMedExp Institute, l'Association a eu l'immense joie d'assister à la très brillante soutenance de thèse de Salomé Ruiz-Demoulin

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La petite fille qui rêvait de sauver les gens… 

“Quand elle était toute petite, Salomé voulait être vétérinaire… jusqu’au jour où elle s’est dit qu’il
fallait qu’elle aide les humains” nous a confié la maman de Salomé Ruiz-Demoulin, le jour de la
présentation de sa thèse.
De son côté, la jeune docteure se souvient de la petite fille qu’elle était, celle qui, déjà, se
sentait attirée par tous les mystères de l’organisme et envisageait de devenir chirurgienne.
Au tout début de son cursus, Salomé a croisé un acronyme étrange, POIC. Et aussitôt son
esprit scientifique a voulu comprendre… comprendre d’où vient le terme “pseudo” et puis, très
vite, embrasser la cause d’une maladie rare, orpheline, inconnue du grand public mais aussi,
trop souvent,des scientifiques. Elle a ressenti le besoin de s’allier à la cause, de la mettre en
lumière parce qu’elle a senti que d’autres pathologies bien plus répandues tenaient le devant de
la scène.

Plus de 4 années durant, devant les paillasses du laboratoire 4 de Phymedex, Salomé a
grandit, s’est enthousiasmée, a eu des moments de doutes, mais jamais, au grand jamais, elle
n’a perdu de vue le sens de son travail et sa motivation.
Pour elle, POIC, est un nom qu’on garde en tête même si elle avoue que, peut-être, elle-même
aurait pu rebaptiser la maladie BASC. BASC comme “Bienveillant”, BASC comme “Accueillant”,
comme “Courage”, comme “Solaire”. Parce que Salomé ne s’est pas contentée de travailler sur
la POIC : année après année, elle est venue au week end annuel de l’association se nourrir de
l’expérience et du vécu des malades et des familles. Émue, elle se souvient de son tout premier
weekend à nos côtés alors qu’elle pensait juste venir se “confronter à la réalité”. Elle s’est prise
en plein coeur les enfants avec leurs sacs à dos et leurs perfusions, les parents bouillonnant de
questionnements, les adultes pleins d’attentes et d’espoir. Elle s’est sentie accueillie, intégrée et
a découvert une forme de “famille” qui a rendu son travail encore bien plus réel. “Je suis
repartie avec des histoires, des prénoms et en sachant pour qui je me battais.” dit-elle en
ajoutant que c’est pour cela qu’elle a éprouvé le besoin de revenir, encore et encore, nourrir un
attachement qu’elle n’imaginait pas et “prendre des nouvelles”.

Mais parler du lien de Salomé avec l’Association, c’est éluder une bien trop grande partie de
l’histoire. Salomé docteure, c’est avant tout une autre rencontre, celle de Salomé et Sandrine
Faure qui est devenue son mentor, sa maître de thèse, une figure accompagnante, soutenante 
et “tellement à l’écoute”. Une “chef qui ne joue jamais à la chef” et est capable de partager
toutes les plus basses besognes aux côtés de son équipe. Une “responsable” qui, alors que
Salomé avait tenté trois semaines durant, en vain et en secret, de remplacer une tablette
malencontreusement cassée, avait éclaté de rire devant la mine déconfite de son apprentie
chercheuse, la rassurant aussitôt sur l’absence de gravité de la maladresse.

 Du tandem formé par Sandrine Faure et Pascal de Santa-Barbara, nos chercheurs bien-aimés, Salomé garde saforce fédératrice, ses encouragements, et les moments où un “C’est bien” la galvanisait.Pour comprendre la contribution de Salomé à la cause POIC, il faut l’imaginer à sa placepréférée, face à sa paillasse. Plus de 10 000 oeufs sont passés par son incubateur, et Salomé confie dans un sourire qu’elle n’a jamais craint de passer pour une folle, les bichonnant, les encourgeant de la voix, glissant à certains un “Tu es beau toi, continue, faut que tu survives…”.Ce modèle aviaire, outre qu’il est le plus approprié pour étudier la formation du muscle,correspond en tous points à l’éthique de la jeune chercheuse qui le préfère à d’autres modèles tels les souris.

Ne pas se prendre au sérieux… Entre Salomé et sa mentor, Sandrine Faure, une complicité sans faille.

L’exigence de Salomé, c’est ici qu’elle s’est affirmée dans sa persévérance à refaire
inlassablement, même les jours où ses manipulations ne fonctionnaient pas alors même que
“les autres y arrivaient”… Celle qui était capable de s’imaginer entrer chaque lundi dans le labo
sur la musique de Rocky Balboa “cherchait à comprendre comment le muscle lisse se mettait
en place pendant le développement” n’a jamais hésité à remettre en cause les écritures,
démontrant parfois dans les faits que certains dogmes méritaient d’être revus. Sa découverte
que la formation des deux sous-couches sont indépendantes l’une de l’autre pourra
certainement nourrir le chemin scientifique de la connaissance . Mais là où Salomé aurait pu se
contenter de chercher pour la Science, elle espère un potentiel impact de son travail dans la vie
des malades, notamment dans la compréhension du syndrome POIC, et rêve qu’il contribuera à
“affiner les thérapeutiques à venir.

  C’est forte de ce formidable espoir, avec le sentiment
d’arriver “au bout d’un marathon” mais naturellement angoissée par l’enjeu, que Salomé est
venue présenter son travail devant un jury d’experts. Intitulée “Décrypter le dialogue entre le
système nerveux entérique et le muscle lisse intestinal : du développement aux désordres de
motricité digestive”, sa thèse a été unanimement saluée par l’ensemble de l’assemblée. C’était
le 25 septembre dernier et, depuis, la plus grande fierté du docteur Salomé Ruiz n’est plus
d’avoir remporté trois années de suite le concours du pull de Noël le plus moche de l’équipe du
labo.
Mais l’aboutissement de ces années de travail n’a pas produit qu’une thèse. Même si la jeune
docteur aimerait pouvoir dire à la petite Salomé de 10 ans “Courage! Tu vas y arriver et tu vas
adorer ce chemin”, elle voudrait aussi lui glisser “Ne perds pas ton objectif!”… Parce qu’en
septembre 2027, le Dr Salomé Ruiz-Demoulin entend reprendre un cursus en médecine, avec
désormais l’objectif assumé de renouer avec un vieux rêve… devenir médecin. Et si la
spécialité rêvée de Salomée est désormais d’ajouter , un jour, viscérale au titre de chirurgienne,
il n’est pas nécessaire de chercher bien loin sa motivation. Parce que pour celle qui s’imagine
très bien discuter avec son propre intestin, le chemin à venir continuera à porter les prénoms de
ceux, qu’année après année elle a vu, en filigrane, danser parmi les œufs sur sa paillasse….

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